Machado. El crimen fue en Granada

20 avril 2007 at 6:39 | In Poésie espagnole, | Françoise | 5 Comments

El crimen fue en Granada

                         À Federico García Lorca

Se le vio, caminando entre fusiles
por una calle larga,
salir al campo frio,
aun con estrellas, de la madrugada.

Mataron a Federico
cuando la luz asomaba.
El peloton de verdugos
no oso mirarle a la cara.
Todos cerraron los ojos ;
rezaron : ni Dios te salva !

Muerto cayo Federico
sangre en la frente y plomo en las entranas
que fue en Granada el crimen
sabed - pobre Granada ! - en su Granada !

Se les vio caminar…
Labrad, amigos,
de piedra y sueno, en el Alhambra,
un tumulo al poeta,
sobre una fuente donde llora el agua,
y eternamente diga :
el crimen fué en Granada ! en su Granada !

Antonio Machado

_______________
Le crime eut lieu à Grenade

On le vit, marchant entre des fusils
Dans une longue rue
Arriver dans la fraîcheur de l’aube
Sur le champ glacé
À la lumière des étoiles

Ils l’ont tué, Federico
Au lever du jour.
Nul dans le peloton d’exécution
N’osa le regarder en face.
Tous fermèrent les yeux ;
Prièrent : Même Dieu ne te sauvera !

Mort Federico tomba
Le front en sang, et le plomb dans les entrailles
… C’est à Grenade que le crime eut lieu,
Vous savez — pauvre Grenade ! — dans sa Grenade !

On les vit partir…
Amis, faites au poète
A l’Alhambra, une tombe
De pierre et de rêve,
Près d’une fontaine,
Dont l’eau en pleurant, dira pour l’éternité :
Le crime eut lieu à Grenade ! dans sa Grenade !

(Ma traduction)

García Lorca. El Paso de la Seguiriya

7 février 2007 at 8:00 | In Poésie espagnole, | Françoise | No Comments

seguiriya

Entre mariposas negras,
va una muchacha morena
junto a una blanca serpiente
de niebla.

Tierra de luz,
cielo de tierra.

Va encadenada al temblor
de un ritmo que nunca llega;
tiene el corazón de plata
y un puñal en la diestra.

¿Adónde vas, siguiriya
con un ritmo sin cabeza?
¿Qué luna recogerá
tu dolor de cal y adelfa?

Tierra de luz,
cielo de tierra.

Federico García Lorca (1921)

Ma traduction

Le pas de la Séguirilla

Au milieu des papillons noirs,
Le long d’un blanc serpent de brume
Marche
Une jeune fille brune.

Terre de lumière,
Ciel de terre.

Elle va enchaînée frissonnant
D’un rythme qui toujours boite ;
Elle a un cœur d’argent
Et un poignard dans sa main droite.

Où vas-tu, siguiriya,
À ce rythme insensé ?
Quelle lune prendra
Ta douleur craie et rose laurier ?

Terre de lumière
Ciel de terre.

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