Qui a découvert l’Amérique ? (2)

14 avril 2007 at 3:11 | In Géographie, | Gilles | No Comments

Il semble de plus en plus évident que Colomb n’a pas été le premier à découvrir l’Amérique. Peut-être dans la même décennie que Zheng He, un autre explorateur (malheureusement inconnu) aurait touché l’Amérique du Nord, comme en fait foi la carte dite Vinland Map. On y reconnaît * le Groenland, sur la page gauche, en haut, et légèrement au sud de cette île, ce qui ressemble à la côte du Labrador, avec Terre-Neuve, le Golfe Saint-Laurent et l’embouchure du fleuve Saint-Laurent ; mais l’explorateur ne semble pas s’être fait une idée juste du continent qu’il a entrevu, car il le représente comme une île à peine plus grande que le Groenland ! La carte est beaucoup plus précise en ce qui concerne l’Afrique du Nord, l’Europe continentale et les îles britanniques. La Scandinavie est imprécise, de même que la côte occidentale de la Chine, ainsi que l’Océanie. Certains voient dans les îles esquissées au bord droit de la carte la péninsule de Basse-Californie (Baja California Sur).

Vinland Map
La Vinland Map compilée par un anonyme vers 1434. Beinecke Rare Book and Manuscript Library, Yale University.

L’authenticité de la carte est controversée, car l’encre utilisée contient du dioxyde de titane, substance que la chimie ne sait produire que depuis 1920. Mais il n’est pas surprenant que les experts n’en soient pas venus à une conclusion quant à la signification de ce fait, puisque nous ignorons beaucoup de choses sur les techniques médiévales.
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* Le premier explorateur européen a avoir vu l’Amérique (vers 995) est sans doute Bjarni Herjólfsson, suivi quelques années plus tard par Leif Erikson. Celui-ci visita et nomma trois contrées, le Helluland (Terre des Dalles de pierre), le Markland (Terre des Forêts) et le Vinland (Terre des Vignes). Le Helluland était une terre rocheuse et désolée, probablement l’île de Baffin. Le Markland était une côte basse boisée, presque certainement le sud du Labrador. Le Vinland était une terre de bons pâturages et de bois, que Leif nomma d’après les vignes sauvages qu’il y trouva.

Qui a découvert l’Amérique ? (1)

14 avril 2007 at 2:57 | In Géographie, | Françoise | 5 Comments

Carte Chine
Carte chinoise (v. 1763)

J’ai appris il y a quelque temps, à l’occasion d’une émission entendue sur France Info (Yves Coppens narrant le fait) qu’il se pourrait que les Chinois, eux aussi, aient « découvert » l’Amérique au XIIIᵉ siècle (donc avant Christophe Colomb en 1492).

La carte ci-dessus, présentée au public le 16 Janvier 2006 — ce serait une copie, datant de 1763 — est sujette à polémiques quant à son authenticité. Des tests concernant sa date de réalisation sont en cours. La carte originale daterait de 1421. Si elle est authentique, et est bien une copie de celle de 1421, alors le continent américain aurait été découvert par Zheng He, amiral de la flotte de l’empereur Zhu Di, qui explora les océans de 1405 à 1435. Les exploits de Zheng He sont racontés dans un livre paru en Chine vers 1418.

Il est à noter que les Vikings sont sans doute les premiers à « débarquer aux Amériques » à l’époque historique : Erik le Rouge qui doit fuir l’Islande (après une condamnation pour meurtre) s’installe au Groenland vers 982, avec sa famille. Leif Eriksson, son fils, navigue jusqu’à Terre-Neuve (alors appelée Vinland) ce qui fait de lui le découvreur, pour les Européens, de l’Amérique, vers l’an 1000. On a découvert en 1960 les vestiges d’un village viking à L’Anse-aux-Meadows qui se situe à la pointe septentrionale de l’île de Terre-Neuve.

Une autre probabilité de découverte est acceptée par certains historiens : D’après un auteur arabe du XIVᵉ siècle, Al-Omari, le roi Abubakar II, souverain de l’Empire du Mali vers le XIIIᵉ siècle, aurait lancé deux expéditions pour « connaître les limites de l’océan ». La première expédition aurait comporté 200 pirogues, dont une seule serait revenue. La seconde expédition se serait composée de 2000 pirogues, chargées de vivres et d’eau. Il aurait embarqué sur une de ces pirogues. Aucune embarcation ne serait revenue cette fois, et Abubakar II aurait péri. Certains historiens pensent que certaines pirogues ont pu atteindre l’Amérique, deux siècles avant Christophe Colomb.

Mais l’Amérique a été « conquise » bien avant cela. Les historiens admettent en général que le peuplement du continent américain a commencé entre 30 000 et 12 000 ans avant notre ère. L’hypothèse la plus « classique » est que les premiers hommes venus en Amérique (du Nord) seraient des chasseurs-cueilleurs d’Asie qui ont profité d’un radoucissement général du climat pour y aller « à pied ». Les glaciers remontant plus au nord, un large passage se libère entre la Sibérie et l’Alaska : le fameux détroit de Béring peut être traversé. Ces hommes auraient pris ce passage en suivant le gibier qu’ils chassaient habituellement.

D’autres spécialistes suggèrent que des hommes auraient pu suivre les côtes en bateau, (la déglaciation des côtes de l’Amérique du Nord aurait effectivement débuté il y a environ 17 000 ans). Des fouilles ont démontré qu’il y avait à cette époque suffisament d’animaux et de poissons sur les côtes pour nourrir une population humaine. De plus, la plupart des langues amérindiennes semblent être « cousines » de certaines langues asiatiques.

Une autre théorie dit que les premiers habitants de l’Amérique auraient traversé l’océan Pacifique en bateau et abordé en Amérique du Sud. On a découvert des squelettes incomplets et les restes d’un village à Monte Verde au Chili qui datent d’il y a 15 000 ans. Les squelettes auraient des caractéristiques typiques des peuples polynésiens ou des aborigènes d’Australie (et rien en commun avec les peuples de Sibérie ou de Mongolie).

L’hypothèse la plus récente suppose une migration humaine venue d’Europe. Des scientifiques ont découvert de surprenantes similitudes entre les vestiges dits Clovis en Amérique du Nord et la culture des Solutréens qui occupaient le nord de l’Espagne il y a environ 19 000 ans. De récentes études ont également permis de découvrir des similitudes génétiques entre certaines populations amérindiennes et européennes, que l’on ne trouve pas chez les Asiatiques. Cela laisse supposer que des Solutréens auraient été capables de suivre en bateau les côtes de l’ancien glacier qui recouvrait l’Atlantique Nord.

Peut-être ces scientifiques ont-ils tous raison, qui sait… Quoi qu’il en soit de nombreux et très anciens vestiges d’une occupation humaine de l’Amérique ont été découverts au fil des années. Voici quelques exemples :

• En 2005, dans une ancienne carrière située près du volcan Cerro Toluquilla (à Puebla au Mexique) des traces humaines vieilles de 38 000 ans ont été découvertes par une équipe britannique sur une couche de cendres fossilisées.

• L’Homme de Folsom retrouvé au Nouveau-Mexique aurait 20 000 ans.

• Les sites de Old Crow et Bluefish (en Alaska) auraient aussi 20 000 ans.

• En 1997, l’analyse au carbone 14 de fossiles amérindiens trouvés en Virginie donnent une ancienneté de 17 000 ans avant notre ère.

• Un campement situé près de Pittsburg où des lames et des nucléus ont été datés de 16 000 ans avant notre ère.

• Les Algonquiens seraient apparus il y a 4500 ans. Des traces de maisons en rondins iroquoises sont attestées pour le Xᵉ siècle av. J.-C.

Décidement, Christophe Colomb n’a fait que re-découvrir l’Amérique !

Torii : Beauté et Sérénité

4 avril 2007 at 17:13 | In Géographie, | Françoise | No Comments

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Torii à Hiroshima © bornplaydie.com

Les civilisations asiatiques classiques donnent de merveilleux exemples de ce que l’homme peut créer. C’est peut-être au Japon que la beauté est la plus “éclatante” par le degré de simplicité et de dépouillement atteint par les artistes. Je voudrais partager avec vous qui venez nous lire, la sérénité qui se dégage de ces “Portes Sacrées”.

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Torii d’Itsukushima. Miyajima Island © greatbuildings.com

Le plus souvent le Torii “annonce” un sanctuaire shintô, il en est le portail d’entrée. Cette “porte” est faite de quatre poutres : deux verticales tenues écartées près du sommet par une entretoise. La plus haute poutre est appelée Kasagi, celle en dessous Nuki.

Le plus ancien des Torii du Japon se trouve à Yamagata. Il s’agit du Torii de pierre du temple d’Hachiman. Il est entouré de pierres tombales. Les Torii de bois auraient été d’abord construits en bois blanc (bois brut non peint), ou en bois noir (bois encore non écorcé). L’usage du bois laqué de rouge serait apparu plus tard, sous l’influence continentale. Il existait pourtant au Japon une coutume à la fin de l’époque Jômon (11 000 ans av. J.-C.) consistant à déposer un enduit rouge sur le corps des morts afin d’aider à leur renaissance, et pour éviter l’apparition des revenants. L’usage de la couleur rouge au Japon remonte donc à des des temps fort anciens.

Le Torii aurait servi, à l’origine, de perchoir aux coqs à longue queue qui étaient offerts au dieu. L’on raconte que la nuit, les âmes volaient à travers les cimetières. Il se peut que l’oiseau du Torii, ait été considéré comme une incarnation de l’âme des morts. Le nom du Torii, Endroit où se tiennent les oiseaux, est peut-être à rapprocher d’un culte au dieu Suzaku, qui avait l’apparence d’un oiseau de couleur rouge.

La Carte de Piri Réis

5 mars 2007 at 21:55 | In Géographie, | Gilles | No Comments

Vous avez peut-être entendu parler de la carte (visible en grand format sous le lien, 3,5 Mo) de Piri Ibn Haji Mehmed dit Piri Réis, un navigateur et amiral (réis signifie amiral) Ottoman qui a vécu au XVIᵉ siècle. On en parle depuis des années sur Internet comme l’un des plus grands mystères, ainsi que dans plusieurs livres et articles de revues.

Carte Piri Réis
Piri Réis. Carte du monde (Fragment, 1513)

Cette carte, dont il ne subsiste que ce fragment, représente le monde connu en 1513, et est une compilation de toutes les cartes en usage à l’époque. Elle a été retrouvée en 1929 lors de l’inventaire du palais du Topkapi. Plusieurs auteurs * qui font dans l’ésotérisme prétendent que la carte représente la côte Est de l’Amérique du Sud, ce qui est vrai (l’Amérique a été explorée dès 1499 par Alonso de Ojeda puis par Amerigo Vespucci en 1502, et par Binot Paulmier de Gonneville en 1503), et les côtes du continent Antarctique telles qu’on pourrait les voir sous la neige et la glace, bien que l’Antarctique soit recouvert de glace depuis environ 15000 ans. On a aussi prétendu que cette carte est si exacte, qu’on n’a pu la dresser que du haut des airs, et autres balivernes.

Je vous inviter à visiter le site de Diego Cuoghi, qui a élucidé tous ces faux mystères. Ses explications sont très détaillées, avec de très nombreuses cartes, mais lumineuses, et il vaut mieux les lire sur son site (en italien, quelques pages traduites en français).

* En particulier Charles Hapgood, Erich Von Daniken, Flavio Barberio, Graham Hancock.

Łanfairpwłgwyngyłgogerychwyrndrobwłłantysiliogogogoch

3 février 2007 at 23:11 | In Géographie, | Gilles | No Comments

Le nom signifie : Sainte-Marie-l’Église dans la clairière du noisetier blanc près du tourbillon et de l’église Saint-Tysilio de la caverne ocre. C’est un village au Pays de Galles.

Llanfair
La gare de Łanfairpwłgwyngyłgogerychwyrndrobwłłantysiliogogogoch.

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