Phoenix s’est posé sur Mars

26 mai 2008 at 4:38 | In Science et Techniques, | Gilles | 10 Comments

Mise à jour 28 Mai 2008.
De meilleures photos sur le site du HiRISE.

Deuxième mise à jour 26 Mai 2008.
Le satellite Mars Reconnaissance Orbiter a pris une photo de Phoenix pendant sa descente vers la planète Mars, hier. On peut même distinguer les filins qui relient Phoenix à son parachute. Vu sur le blog d’Emily Lakdawalla, de la Planetary Society. Admirable.

Mise à jour 26 Mai 2008.
Les premières photos prises par Phoenix (une vue de la plaine Vastitas Borealis, un des deux panneaux solaires, un des trois pieds) :

Images Phoenix
Photos NASA/JPL-Calech/University of Arizona

Descente
Photo Mars Reconnaissance Orbiter.
D’autres photos ici.
 
Lancé le 4 Août 2007, le laboratoire Phoenix a atterri tel que prévu (et sans incident) sur Mars il y a une heure sur la plaine appelée 
Vastitas Borealis.

Les instruments (un bras robotique muni d’une pelle et d’une caméra, une station météo, divers instruments d’analyse microscopique et électrochimique, un radar conçu pour étudier l’atmosphère) que Phoenix emporte permettront d’étudier in situ la géologie des terrains autour du pôle Nord de Mars. Cette région contient de l’eau, et les analyses du sol permettront de vérifier l’hypothèse dite Follow the Water selon laquelle la région a pu être propice à l’apparition de la vie. En même temps, les analyses du sous-sol feront progresser vers les quatre buts que poursuit la NASA grâce à son programme d’exploration de Mars :

   Déterminer si la vie est apparue sur Mars
   Analyser son climat passé
   Analyser sa géologie
   Préparer l’exploration par des humains

Phoenix
Phoenix sur Mars : Illustration NASA/JPL-Calech/University of Arizona

Phoenix A
Phoenix préparé au Payload Hazardous Servicing Facility.

Ainsi que toutes les missions d’exploration de Mars et du système solaire, celle-ci est une entreprise internationale ; le vaisseau Mars Express de l’ESA qui est en orbite autour de Mars a surveillé l’entrée de Phoenix dans l’atmosphère martienne et ensuite transmettra les signaux vers la Terre. Il est aussi prévu que Mars Express survolera Phoenix une quinzaine de fois pendant les prochaines semaines.

Les instituts suivants ont collaboré à la conception et à la construction de Phoenix et de ses instruments : l’University of Arizona, le Jet Propulsion Laboratory, Lockheed Martin, la Canadian Space Agency, l’Université de Neuchâtel, les universités de Copenhague et d’Aarhus, l’Institut Max Planck et l’institut météorologique de Finlande. On peut suivre en direct toutes les missions martiennes sur NASA TV.
 

Toute la place

22 mai 2008 at 1:50 | In Poèmes de Gilles | No Comments

 
J’ai dit oui par avance au monde devant ta porte
Un petit mur de pierres portait nos premières visées
Et alors chaque mot signifiait autrement

Le vent à ta fenêtre est pareil devant la mienne
La place et les rues te voient chaque matin comme moi
Et les choses existaient peu sans toi

Nos songes remontaient vers le but commun
Les travaux de nos mains et de nos lèvres sont à nous
Et le jour partagé confirme notre espoir

Notre seul luxe

19 mai 2008 at 1:43 | In Poèmes de Gilles | 6 Comments

Oiseaux chantent
Dessin de Françoise
 
Les rossignols chantent le soir
Les merles chantent le matin
— Leurs raisons leur appartiennent
Et c’est notre seul luxe
 

Christine de Pisan. La Cité des Dames

10 mai 2008 at 2:01 | In Femmes remarquables, | Gilles | No Comments

Pisan livre
Christine de Pisan. Le Livre de la Cité des Dames. (1405)

(À gauche, les trois dames en visite représentent la Raison, la Droiture et la Justice. À droite,
Christine et la Raison bâtissent une utopie pour les femmes. Les pierres sont les livres de ses
prédécesseurs, le matériau préparatoire de la Cité nouvelle.)

Fille du médecin du roi Charles V, Tommaso da Pizzano, veuve à 25 ans et sans ressources pour élever ses enfants, Christine de Pisan (1364-1430) fit de sa passion du savoir sa raison de vivre et bientôt son métier. Première femme écrivain à vivre de sa plume, elle copiait ou préparait elle-même ses livres avec l’aide de copistes et d’enlumineuses et les offrait aux rois et princes mécènes. Elle abordait tous les sujets, des ballades aux compositions didactiques ou politiques en passant par l’histoire contemporaine. Son œuvre, avec ses recoupements autobiographiques, est très personnelle, originale, et engagée dans un sens que notre époque dirait féministe.

Pisan bureau
Christine de Pisan dans son cabinet. (1400)

Réponse à la Cité de Dieu de saint Augustin, récemment traduite en français et à la satire anti-féministe de Jean de Meung dans la deuxième partie du Roman de la Rose, la Cité des Dames offre le plus bel exemple d’humanisme lucide. Le livre, inspiré par les œuvres de Boccace, est conçu comme un dialogue entre maître et élève. Raison, Justice et Droiture invitent Christine à bâtir une ville destinée à abriter les femmes illustres du passé et les dames vertueuses de tout temps dans un monde fait pour les hommes.

Pisan fils
Christine de Pisan enseignant. (1480)

Ses œuvres principales vont des Ballades, (entre 1389 et 1405) aux compositions didactiques ou politiques ; le Livre de police, (1404-1407), le Livre de Preudhommie (1405-1406) et aux considérations sur l’époque ; Livre des faits du roi Charles V (1404), l’Épistre à la reine sur les maux de ce temps (1405), et le Livre de la Paix (1412-1414). Son œuvre, avec ses recoupements autobiographiques, est très personnelle, originale, et engagée (le Dit de Jehanne d’Arc (1429).

Deux textes importants de Christine de Pisan : son point de vue dans le débat du Roman de la Rose, le Dit de la Rose (1399) et la Lamentation sur les maux de la Guerre civile (1410) sont disponibles sur le site de la Bibliotheca Augustana. Ses œuvres poétiques complètes sont données sur Poètes·net en mode texte.

Voir aussi l’article de Micheline Carrier sur l’anti-féminisme autour de Christine de Pisan.
 

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