Joie de vivre
16 février 2008 at 2:03 | In Peinture, | Gilles |
Robert Delaunay · Joie de vivre · 1934
Robert Delaunay (1885-1941) a été élevé par son oncle et sa tante, dans un milieu hostile à l’art contemporain. Seuls le dessin et les sciences naturelles l’intéressaient, et il fut donc expulsé de l’école… pour paresse. Après quelques œuvres néo-impressionnistes, il peint en 1907 Ville de Paris, influencée par le cubisme. Après sa rencontre avec Sarah Stern [épouse du collectionneur et critique Wilhelm Uhde ; dite Sonia Delaunay] en 1909, et sous l’inspiration de celle-ci, Delaunay entreprend des recherches sur les rapports des couleurs. Ensemble¹ ils donneront par la suite une première impulsion au Simultanéisme, qui comme son nom l’indique, explore les contrastes simultanés des couleurs mais aussi dans la décoration intérieure et les vêtements. Voir Sonia Delaunay, Robes simultanées, 1914.

Sonia Delaunay · Golf · 1914
Robert Delaunay travailla au design du pavillon des chemins de fer, et à celui qui avait pour thème le voyage par avion, lors de l’Exposition Universelle de Paris en 1937. Il est mort du cancer à Montpellier en 1941, incapable de supporter les nombreux déménagements… nécessaires, sous l’Occupation.
__________
1. En plus de Robert et Sonia Delaunay, plusieurs couples d’artistes ont travaillé ensemble de façon étroite. À notre époque : Max Ernst et Dorothée Tanning (Surréalisme), Jean Tinguely et Niki de Saint-Phalle (Nouveau réalisme), Árpád Szenes et Vieira da Silva (Abstraction lyrique), Hans Hartung et Anna-Eva Bergmann (Art informel).
Note. Le « devoir de mémoire » dont on a beaucoup parlé ces jours-ci ne devrait pas être rempli que de souffrance et de mort, mais aussi de joie, surtout quand on veut le proposer aux enfants. Robert Delaunay était Juif, je me souviens de lui aussi.
4 commentaires »
Flux RSS des commentaires de cet article.
Laisser un commentaire
Publié sur WordPress. | Theme: Pool by Borja Fernandez.
Entries and comments feeds.
Gilles,
Elle est bien plaisante cette “mémoire” joyeuse, toute de couleurs qui chantent. Merci.
Commentaire par Françoise — 16 février 2008 #
Gilles,
Mais que cela serait une bonne idée de consacrer un devoir de mémoire à de grandes œuvres de créateurs juifs. Je connais peu l’art et la peinture. Je connais plus la littérature. Mais lorsque j’allais à Amsterdam, je ne faisais un devoir de visiter l’un des innombrables musées de cette ville. Mise à part la simple curiosité intellectuelle, je m’interroge sur la raison de ce beau rappel sur la « joie de vivre »? Il est vrai qu’à mon habitude, je suis en retard. Mais tout retardataire que je sois, je prends plaisir à lire et à découvrir en dilettante Robert Delaunay.
Amicalement,
Pierre R. Chantelois
Commentaire par Pierre Chantelois — 22 février 2008 #
[…] je m’interroge sur la raison de ce beau rappel sur la « joie de vivre » ?
Mon but était de lutter contre la morbidité ambiante à l’occasion de l’idée d’imposer la mémoire de jeunes morts à des enfants ; je voulais en quelque sorte dissocier Juif et Mort.
Commentaire par Gilles — 22 février 2008 #
Gilles,
Et bien c’était une belle façon de faire. Bravo. Et cette deuxième visite ajoute au plaisir déjà ressenti.
Pierre R. Chantelois
Commentaire par Pierre Chantelois — 27 février 2008 #