La Comtesse de Ségur, née Rostopchine

13 juin 2007 at 14:57 | In Femmes remarquables, | Françoise |

 
Sophie Rostopchine est née en 1799 en Russie, morte à Paris en 1874. Elle est la fille du comte Fédor Rostopchine, ministre du tsar et gouverneur de Moscou (c’est lui qui aurait ordonné d’incendier Moscou après l’arrivée de Napoléon Iᵉʳ au Kremlin). Sophie passe toute son enfance dans le domaine familial de Voronovo.

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Orest Kiprensky. Sophie Rostopchine (1823)

En 1819, Sophie épouse le Comte Eugène de Ségur. Le comte Rostopchine offre au jeune couple le château des Nouettes à Aube, en Normandie. Sophie y retrouve les bouleaux de son enfance à Voronovo. Le Comte de Ségur n’apprécie pas la vie à la campagne, et vit le plus souvent à Paris. Sophie se plaît mieux aux Nouettes. Des 8 enfants qu’elle mettra au monde, 5 naîtront au château.

Sophie sera une grand-mère “modèle”. Elle aime beaucoup ses petits enfants et leur raconte des histoires pour les distraire. Quand Camille et Madeleine devront partir pour suivre leur père (diplomate, nommé à Londres en 1856), elle va écrire des histoires et les leur envoyer. C’est ainsi que Sophie, pour palier l’absence de ses petites filles et leur faire plaisir, devient écrivain à cinquante ans. Elle écrira vingt romans, un pour chacun de ses petits enfants.

    Après la pluie le beau temps
    L’auberge de l’ange gardien
    Les bons enfants
    Les deux nigauds
    Diloy le chemineau
    La Fortune de Gaspard
    François le bossu
    Le général Dourakine
    Les malheurs de Sophie
    Le mauvais génie
    Mémoires d’un âne
    Pauvre Blaise
    Les petites filles modèles
    Quel amour d’enfant
    La sœur de Gribouille
    Un bon petit diable
    Les vacances
    Nouveaux contes de fées
    Comédies et proverbes
    Jean qui grogne et Jean qui rit

La comtesse de Ségur prend pour décor de presque toutes ses histoires Aube et ses environs. On retrouve dans ses œuvres des personnages qui ont vraiment existé. Jusqu’à l’âne Cadichon qui ressemble à celui qui portait ses petits enfants au marché de L’Aigle. Le château de Fleurville c’est le château des Nouettes, qu’elle habitera de 1821 à 1872.

Au cours d’une réunion amicale au château, Louis Veuillot (journaliste et écrivain français) découvre le manuscrit des Nouveaux Contes de Fées et décide de le faire lire à Louis Hachette et à son directeur littéraire Émile Templier. Louis Hachette est admiratif. Ses relations avec le comte de Ségur (qui est alors président des Chemins-de-Fer de l’Est) lui permettent de concrétiser son idée : créer des bibliothèques des chemins de fer (à l’exemple des premières bibliothèques de gares d’Europe, inventées par W.H. Smith en Angleterre en 1848). Ces bibliothèques offriront un choix d’ouvrages pour adultes certes, mais aussi pour enfants. La comtesse de Ségur est aussitôt inscrite dans la liste d’auteurs de la Bibliothèque Rose.

C’est encore souvent dans cette collection que de nos jours, sont rééditées les œuvres de la comtesse de Ségur.

 
ourson-doré
Gustave Doré. Ourson, Nouveaux Contes de fées pour les petits enfants.
Librairie Hachette, Bibliothèque des Chemins de fer, Paris, 1857.
Édition originale © BnF

6 commentaires »

Flux RSS des commentaires de cet article.

  1. Oh comme j’ai pu les lire et re-lire !
    Enfant (bien que mon enfance ne soit pas si loin) , je rêvais de vivre la même vie que ces personnages…
    Ça me semblait merveilleux….

    Mais je crois a présent…que nous sommes bien dans le temps ou nous sommes… (même si beaucoup de défauts s’y sont ajoutés).

    Commentaire par Tenrai — 26 septembre 2007 #

  2. Bonjour Tenrai,
     

    J’ai beaucoup aimé moi aussi, les œuvres de la Comtesse de Ségur. En effet la vie des Petites Filles Modèles semblait merveilleuse. Mais tout n’était pas “rose” dans ce contait Sophie dans ses livres. Le “Bon Petit Diable” ou “Gribouille” ne menaient pas une existence dorée.
     

    Commentaire par Françoise — 27 septembre 2007 #

  3. “Il n’est jamais trop tard pour bien faire.”
     

    Alors un commentaire. Je ne savais pas l’histoire de la Comtesse de Ségur. Merci pour l’éducation. Par contre, je lisais ses oeuvres et tout comme Tenrai, et les re-lisais. J’aimerais bien pourvoir acquérir des livres de la “Bibliothèque Rose” (je crois que c’était le nom). Ma maman m’en achetait un par mois si j’étais une gentille petite fille, et faisais bien à l’école.
    Cela me fait penser aux livres de “Tintin et Milou”. Mon cousin les collectionait et nous étions “copains” en plus que cousins (Il demeurait en Suisse).
     

    La lecture est une passion dans toute ma famille, même aujourd’hui mes petits enfants.

    Commentaire par Catherine — 4 octobre 2007 #

  4. Bonsoir Catherine,
     

    J’ai beaucoup lu les histoires de la Comtesse, et tous les “Tintin”.
    Et c’est amusant comme coïncidence, car les premiers “Tintin” que j’ai lus m’avaient été prêtés par mon cousin.

    Commentaire par Françoise — 4 octobre 2007 #

  5. Les nouveaux contes de fees de la Comtesse m’enchantent depuis mon enfance (né en 1941). Ils ont été pretextes à des illustrations parfois très réussies : Gustave Doré, Simone d’Avène. cette dernière a aussi illustré les malheurs de Sophie. Si quelqu’un peut me renseigner sur Simone d’Avène ….
     

    Charles

    Commentaire par Charles Thiebaut — 11 octobre 2007 #

  6. Bonjour Charles,
     

    Je suis désolée, je n’ai rien trouvé sur Simone d’Avène, en dehors de références aux ouvrages qu’elle a illustrés.
     

    Commentaire par Françoise — 11 octobre 2007 #

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