Alexandre Calder
24 mars 2007 at 1:23 | In Sculpture, | Gilles |
Agnès Varda, Calder à Paris (1955) © ARTnews
Alexandre Calder (1898-1976) était ingénieur. Mais il est né dans une famille d’artiste (son père était un sculpteur apprécié) de Pennsylvanie, et il s’est conformé à l’esprit familial. Je dis « s’est conformé », mais c’est un paradoxe. Sa révolte contre le père a pris la forme d’un dépassement dans le domaine que son père occupait, non d’une négation de celui-ci. Calder s’établit à Paris en 1926, où il commence par suivre les cours de l’Académie de la Grande Chaumière. Fasciné par les artistes de cirque depuis toujours, il donne, dès l’année suivante, les premières représentations de son célèbre Cirque en fil de fer miniature. Miró raconte dans ses Mémoires que Calder animait les petits personnages de façon très gracieuse, malgré son physique de géant ; il prêtait même, à l’occasion, sa voix à ses lions de fil de fer.
La date exacte n’est pas connue (Calder disait l’avoir oubliée), mais un jour, au début de 1930, il a inventé le mobile. Son ami Miró et d’autres peintres, et Calder lui-même, incorporaient déjà des fragments de métal, du tissu, de journaux, dans leurs toiles, et même certaines pièces mobiles, comme des engrenages. Mais le mobile tel que nous le connaissons représente autre chose : la concrétisation dans l’espace de forces invisibles. Les mêmes qui nous maintiennent sur nos bicyclettes ou à la verticale quand nous marchons, et maintiennent les planètes en orbite autour du Soleil.
Le succès fut immédiat. Une anecdote ; Sartre fut une des premières personnes à acheter un mobile (Paon) à Calder, et il a conservé l’œuvre toute sa vie. L’intérêt pour les mobiles (même s’il semble presque disparu aujourd’hui) se manifestait dans le monde entier. Calder a exposé dès 1943 au MOMA. Dans les années qui suivent, il perfectionne sans cesse les rapports entre les éléments de ses mobiles, tout en en créant de nombreux stabiles, certains gigantesques, pour de nombreuses places publiques sur les cinq continents. Montréal possède un des plus grands, Man (20 m x 30 m), inauguré lors de l’Exposition Universelle de 1967.

Alexandre Calder. Man (1967)
Calder inventait constamment des variations du principe du mobile. Par exemple les Towers (mobiles horizontaux fixés à des murs), les Gongs (mobiles acoustiques) et les Animobiles (grands mobiles stables, c’est-à-dire que certaines tiges ancrent la sculpture dans le sol, pour jardins publics). Alexandre Calder a vécu de nombreuses années en France, prolongeant peut-être l’expérience de la Lost Generation, où il a fréquenté les Surréalistes tout en gardant le genre d’esprit candide propre à certains Américains. Il est mort à New York en 1976.

Alexandre Calder. Paon (1941) ayant appartenu à Sartre.
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Mise à jour 4 Mai 2008
Le mobile dont il est question dans le commentaire de Clothilde :

Alexander Calder, Black Peacock, 1950 © Christie’s/Corbis
14 commentaires »
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Entries and comments feeds.
J’adore ce qu’il a fait, c’est trop fort !
Commentaire par Dédé — 3 avril 2007 #
Effectivement, il a montré des formes en équilibre, qui nous apparaissent toujours aussi nouvelles parce qu’elles sont fondées sur les mathématiques.
Commentaire par Gilles — 3 avril 2007 #
C’est super le truc qu’il nous fait là ! Moi je suis en extase ! C’est trop cool le truc de la mort !
Commentaire par Dady — 26 septembre 2007 #
Salut Dady,
Quel est le truc super trop cool de la mort que tu préfères parmi tout ce qu’il a réalisé ? Tu peux voir toutes ses œuvres sur le site de la Fondation Calder.
Commentaire par Gilles — 26 septembre 2007 #
Je trouve que ces œuvres sont très bien faites et de bon goût. Cette semaine j’ai une recherche à faire et c’est pour ça que je suis venue faire une recherche.
Commentaire par Bérangère — 20 janvier 2008 #
@ Bérangère
Je suis très content que notre blog serve à quelque chose ! Tu peux poser des questions ici, si tu es en panne dans ta recherche.
Commentaire par Gilles — 20 janvier 2008 #
Je suis étudiante en architecture et notre projet du deuxième semestre est basé sur Alexender Calder ; pouvez-vous m’aider sur tout ce qui concerne ce sculpteur hors du commun ?
Merci.
Commentaire par Lilia Bouchoucha — 29 janvier 2008 #
@ Lilia
Vous aider sur tout ce qui concerne Calder, je ne sais pas si je serai capable, mais si je peux vous aider sur une question précise, je le ferai.
Commentaire par Gilles — 29 janvier 2008 #
Bonjour, je suis aussi à la recherche d’infos et je prends votre offre pour comptant. Je suis à la recherche d’infos, plans, formules… pour réaliser un mobile de Calder “international mobile” ou “nénuphars rouges”… au cas où vous ayez quelques infos, n’hésitez pas à me les envoyer par mail.
Merci à vous,
Philippe
Commentaire par Phil — 21 avril 2008 #
Philippe,
Je ne connais aucune œuvre de Calder ayant pour titre International Mobile ou Nénuphar rouge ; et je ne pense pas qu’il travaillait d’après des plans. Vous pouvez voir toutes ses œuvres à la Fondation Calder.
Commentaire par Gilles — 22 avril 2008 #
Bonjour !
Je passe actuellement le concours de professeur des écoles. J’ai une présentation d’une œuvre à réaliser en juin et je pensais prendre le Paon de Calder. Je suis donc à la recherche de renseignements concernant cette œuvre afin de pouvoir la présenter le plus précisément possible. Donc si vous pouvez m’aider…
Merci beaucoup !
Commentaire par Clothilde — 3 mai 2008 #
Bonjour Clothilde,
Quelques années après Paon, Calder a construit un autre mobile sur le thème du paon, Black Peacock ; celui-ci a été beaucoup étudié par… des neurologues ! Je n’ai pas trouvé d’études sur le Paon de 1941, alors voici quelques articles qui parlent de cette seconde œuvre du point de vue des mécanismes de la perception visuelle. Je pense qu’ils pourront t’être utiles pour préciser ta propre présentation.
Tua Chaudhuri, There and Back Again: An Artist’s Exploration of the Science behind Art and Creativity, Serendip Biology Papers, 2001.
Sylvie Ferrando, Compte-rendu de l’ouvrage de Semir Zeki : Inner Vision, An Exploration of Art and the Brain (Oxford U. Press, 1999), Compte-rendus CNRS, 2007. (PDF)
Hervé-Pierre Lambert, Littérature, arts visuels et neuro-esthétique. Une Introduction, dans la revue Épistémocritique, 2008.
Sargy Mann, What we see and how we see it, compte-rendu dans The Spectator du livre de Semir Zeki, Inner Vision, BNET, Janvier 2000.
William P. Seeley, Can Cognitive Science tell us anything about Art and Aesthetics?:
Art, Meaning, and Perception, Franklin College eDisk. 2006.
Semir Zeki, Art and the Brain, Dept. of Cognitive Neurology, University College London, Neuroesthetic Research, 2006. (PDF)
Commentaire par Gilles — 4 mai 2008 #
Un grand merci ! Je vais me plonger dans ces lectures ! Merci pour vos conseils !
Commentaire par Clothilde — 4 mai 2008 #
J’ai ajouté une photo du Black Peacock à la fin du billet sur Calder. L’article de Seed Magazine et une photo plus grande se trouvent ici.
Commentaire par Gilles — 4 mai 2008 #