El Condor pasa

31 mars 2007 at 22:46 | In Poèmes de Françoise | No Comments

Urubumba
Au fond de la vallée coule la rivière sacrée

Sur les ailes des condors volent les âmes des Incas

Qu’est devenu Viracocha ?
Ses peuples l’appellent, il ne revient pas.

Sur leurs chevaux les démons blancs s’avancent et pillent et tuent

Au lac Titicaca le soleil est né
À Cuzco l’Inca est tombé

Urubumba, dans la vallée coulent les larmes d’un Pérou oublié

En el azul del cielo
El condor pasa

Dans les Andes, très haut… Là-bas…

Poissons… d’Avril

31 mars 2007 at 13:55 | In Jours…, | Françoise | No Comments

poissons avril

On raconte que le roi de France Charles IX serait, involontairement, à l’origine des coutumes facétieuses du 1ᵉʳ Avril. Il aurait en effet décidé en 1564 (mais nul ne dit pourquoi), de faire commencer l’année au 1ᵉʳ Janvier, alors que le début de l’an se fêtait jusque là le premier jour d’Avril.

Ce changement aurait créé quelques confusions quant à la date où l’on s’offrait cadeaux et étrennes pour la nouvelle année. Certains auraient préféré garder l’ancienne manière, d’autres pour se moquer d’eux leur auraient fait de faux présents à l’occasion du 1ᵉʳ Avril.

Il se peut que parmi les cadeaux qui s’offraient en Avril à la fin du Carême, se trouvaient quelques beaux poissons (la viande étant proscrite pendant tout le Carême), ce qui fit peut-être penser à quelques moqueurs d’offrir de “faux poissons” en lieu et place des vrais.

De fait c’est le Pape Grégoire XIII qui institua le calendrier — tel que nous le connaissons aujourd’hui — en 1582 (Charles IX est mort en 1574). Le calendrier grégorien remplace le calendrier julien (choisi par Jules César en 46 avant notre ère). L’année, depuis, commence le 1ᵉʳ Janvier.

Le calendrier grégorien a mis plusieurs siècles “à faire l’unanimité” (certains pays ne l’ont adopté qu’au XXᵉ siècle). On peut donc imaginer que ce que l’on “prête” à Charles, revient à Grégoire. Et que les confusions, compréhensibles, entre l’ancienne et la nouvelle date aient été l’occasion de multiples moqueries et farces.

Cette coutume de faire des farces pour le 1ᵉʳ Avril s’est répandue à partir du XVIIIᵉ siècle dans toute l’Europe et jusqu’aux colonies américaines.

N.B. Ce petit article écrit un 31 Mars, ne peut être d’aucune façon vous en conviendrez, un… Poisson d’Avril.

Éluard. Sur Apollinaire

31 mars 2007 at 1:57 | In Poésie française, | Gilles | No Comments

GUILLAUME APOLLINAIRE

Apollinaire chez A. Monnier
Apollinaire chez Adrienne Monnier en 1913

La voix de Guillaume Apollinaire, si sourde mais si imposante, cette voix¹ que nous a conservée un disque du Musée de la Parole, ne s’est jamais tue. Car elle est éminemment moderne. Le secret qu’elle nous révèle n’est point de ceux avec lesquels nous puissions jamais en finir.

Celui qui a dit : « La grande force est le désir » savait en effet que le monde n’est pas donné une fois pour toutes et que l’homme est en même temps la mesure et la source de toutes choses. À y regarder de près, il n’y a, dans l’œuvre d’Apollinaire, que cette certitude cent fois avouée, à travers les thèmes les plus différents. Apollinaire nous dit sans cesse l’avenir en travail dans l’esprit humain. Toutes ses images, les plus harmonieuses comme les plus forcenées, veulent éterniser l’homme, l’homme à qui toutes les atmosphères, tous les mondes sont permis. En lui, la Raison ardente brûle au cœur de la froide raison, et elle nous rappelle que le monde tel qu’il est peut être changé, peut devenir ce qu’il doit être, tel que nous l’imaginons, tel que nous le rêvons. Apollinaire est un poète volontaire. Cet aventurier parle un langage sans faiblesses. Il n’a pas peur des mots, il ennoblit les plus vulgaires, il sait être brutal, il a la distinction de l’homme qui chante pour s’exprimer, qui a confiance contre les mous, les imbéciles, les égoïstes, les malins. Il est au monde, il porte sens, il lutte contre l’apparence, contre ce qui est accepté, contre l’inacceptable. Il est aux côtés de Baudelaire, de Rimbaud, de Lautréamont, mais il n’accepte plus leur solitude. Plus loin qu’eux, il affirme résolument : Je suis, donc nous sommes. Il nous apprend à ne pas nous résigner, à ne pas nous satisfaire de la beauté en désordre du présent, mais à clamer un avenir meilleur et sans un fêlure, mais à exiger un ordre véritablement humain, une beauté sans cesse plus pensable. Et pour cela, tout lui est bon, car il est fort.

Sur Apollinaire (comme sur les unanimistes d’ailleurs) plane la grande ombre de Walt Whitman, ombre vagabonde avec laquelle il entreprend de singuliers voyages : sur toutes les routes, à travers les livres, les individus, les utopies. Ce cosmopolite ne se connaît d’autres frontières que celle de « l’illimité et de l’avenir ». Il ne sait pas se restreindre. Les conceptions poétiques, artistiques les plus aventureuses l’enthousiasment. « C’est qu’elles lui paraissent, dit Marcel Raymond, devoir fournir des matériaux pour un nouveau réalisme ». Il change les légendes de berceau, il flatte les monstres, et sa voix souvent se fait très tendre, il s’émeut de tant aimer la terre, toutes les villes de la terre, leur avenir, leur visage humain, si varié, si digne d’espoir. Son chant alors a les mains nues. Il réclame un autre monde, sur la terre. Écoutons-le² :

J’ai enfin le droit de saluer des êtres que je ne connais pas…

Et sans m’inquiéter aujourd’hui de cette guerre
Entre nous et pour nous mes amis
Je juge cette longue querelle de la tradition et de l’invention
De l’ordre et de l’aventure

Nous ne sommes pas vos ennemis
Nous voulons vous donner de vastes et d’étranges domaines
Où le mystère en fleurs s’offre à qui veut le cueillir
Il y a là des feux nouveaux des couleurs jamais vues
Mille phantasmes impondérables
Auxquels il faut donner de la réalité
Nous voulons explorer la bonté contrée énorme où tout se tait
Il y a aussi le temps qu’on peut chasser ou faire revenir
Pitié pour nous qui combattons toujours aux frontières
De l’illimité et de l’avenir
Pitié pour nos erreurs pitié pour nos péchés

Je ne crains pas de dire que ce sont ces erreurs, ces péchés, cette mélancolie affreuse du poète désemparé qu’illustrent presque toutes les mélodies que vous allez entendre ce soir. Les concessions d’un poète géant à la sentimentalité banale de son temps sont nécessaires à ses explosions. Le ronron du moteur est nécessaire à la vitesse. Robert Caby a osé, et vous allez le constater, être plus résolument simple et clair que le texte qui l’inspire. Quand à Francis Poulenc, s’il est le compositeur du Bestiaire, n’oublions pas qu’il a su donner aux Mamelles de Tirésias et à bien d’autres poèmes d’Apollinaire l’accent le plus délibéré, le plus futur — certains diront, et je ne leur donne pas tort, le plus agressif.

Paul Éluard. Guillaume Apollinaire, texte à la Radio (1948), in Œuvres complètes, tome II, pages 895-897, Gallimard, La Pléiade, 1968.

__________
¹ Par exemple ici, Guillaume Apollinaire récite Sous le pont Mirabeau.
² Apollinaire. Le Musicien de Saint-Merry.

Le Silence de la Nuit

30 mars 2007 at 17:54 | In Poèmes de Françoise | No Comments

Et flip flip flop
Chantent les gouttes de pluie

Et flap splash flap
C’est la gouttière qui fuie

Et craaaac et praaaach
C’est l’escalier qui monte ses marches

Et wouiiiinnnn… Houuillllllééééé !
C’est le vent qui se cogne le nez sur les volets

Et pat’pa’pat’ cric’cric’cric’
C’est la petite souris qui va le consoler

Et…

Ho ! Hé !
Ça va bientôt finir ?
On voudrait bien dormir !

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