Le Vent Passant
28 février 2007 at 19:11 | In Poèmes de Françoise | No CommentsLe vent cet insolent
Se moque bien des murailles de Chine
Qui cachent les rois déments
D’un souffle il les taquine
Les dépouille de leurs habits dorés
Et tonitrue exquisement : Tu mens !
Il n’a aucun respect
Pour les financiers costumés d’honnêteté
De leurs couvre-chefs melonés
Il les déchapeaute d’une cabriole
Dans leur chambres fortes les affole
En hurlant suavement : Tu voles !
Écoutez bien, écoutez tout
Ce que dit le vent passant, Passants
Il entend tout voit tout sait tout
Depuis le début des temps
Sainte Ennemoye
28 février 2007 at 5:24 | In Légendes, | Gilles | No CommentsUne dame1 Celte du nom d’Ennemoye2 fut progressivement assimilée, après la conquête romaine, à Junon, l’épouse de Jupiter. Un des emblèmes de Junon était l’oie. Cela explique peut-être le rôle de gardiennes des Oies du Capitole, et a peut-être aussi un rapport avec les cygnes (Jupiter/Zeus avait séduit Léda sous la forme d’un cygne). Ainsi, l’histoire de la fée comporte un épisode dans lequel elle se serait dotée de pieds d’oies pour échapper aux avances d’un chevalier, en le dégoûtant d’elle. La sainte était parfois représentée comme une bergère ou une gardienne d’oies, ou avec une patte d’oie. Voici la seule représentation qui ait survécue, dans l’église de Sambin, dans le Loir-et-Cher.

Sainte Ennemoye (Photos J. Weyland)
Il semble que d’autres dames locales aient été assimilées par l’Église, dans les temps anciens, car le nom Ennemoye (ou ses variantes) semble assez répandu. On connaît deux autres saintes portant des noms semblables : une sainte Néomaye native du nord de la Vienne, qui aurait vécu au Ve siècle, et sainte Néomée ou Néaumey.
Sainte Néomaye est souvent représentée en bergère, avec un ou plusieurs moutons et, plus rarement, dotée elle aussi d’un pied d’oie. Née à Loudun, d’une famille noble, les Beaussais, elle désira vivre loin des siens, et s’établit vers les rives de la Sèvre pour se faire bergère. Chaque jour, elle conduisait ses moutons au pâturage, jusqu’à ce qu’à Fontecreuse, en plantant sa houlette en terre, elle fit jaillir une source. L’Église l’honore le 14 janvier et elle était considérée comme patronne des bergers des Deux-Sèvres.
Il y a également un village appelé Sainte-Néomey (sans qu’on puisse déterminer s’il s’agit de la même dame, à l’origine) dans le département des Deux-Sèvres. L’histoire ne nous renseigne guère sur cette sainte naguère vénérée avec ferveur, dont la vie est fortement teintée de légende. Une paroisse non loin de Saint-Maixent est placée sous son vocable.

L’église restaurée de sainte Néomaye (Photo J. Weyland)
L’église est restée longtemps à l’abandon et a sans doute perdu son authenticité romane ; elle avait été détruite et pillée en partie (la tombe de sainte Néomaye aurait disparu à cette époque) pendant les Guerres de Religion, dans la seconde moitié du XVIᵉ siècle.
On peut admirer les belles photographies de l’église et du village de Sainte-Néaumaye prises par J. P. Stephanoto et G. et J. Weyland sur le site de J. Weyland.
1 À l’origine peut-être une déesse ou une fée, puis au Moyen-Âge, une sainte.
2 Ou Néomaye, Néomaie, Neomisia, Néomée, Nomaille, Némoise, Néomoise et Néomadie.
Ben ça ? Il a pleuvu !
27 février 2007 at 19:41 | In Poèmes de Françoise illustrés, | Françoise | No Comments
Il a beaucoup pleuvu
Sur mon chapeau pointu
Je m’a beaucoup mouillu
J’a pas fondu !
Monsieur
27 février 2007 at 14:52 | In Poèmes de Françoise | No CommentsOserez-vous Monsieur
Sur ma main venir poser
Doucement votre main
Oserez-vous Monsieur
À mon oreille murmurer
Quelques mots câlins
Oserez-vous Monsieur
Quelque caresse
Sur mon corsage de satin
Oserez-vous Monsieur
Avec hardiesse
De vos bras m’enlacer
Si vous osez Monsieur…
Peut-être que…
Peut-être bien…
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