Christine de Pisan. La Cité des Dames
10 mai 2008 at 2:01 | In Femmes remarquables, | Gilles | No Comments
Christine de Pisan. Le Livre de la Cité des Dames. (1405)
(À gauche, les trois dames en visite représentent la Raison, la Droiture et la Justice. À droite,
Christine et la Raison bâtissent une utopie pour les femmes. Les pierres sont les livres de ses
prédécesseurs, le matériau préparatoire de la Cité nouvelle.)
Fille du médecin du roi Charles V, Tommaso da Pizzano, veuve à 25 ans et sans ressources pour élever ses enfants, Christine de Pisan (1364-1430) fit de sa passion du savoir sa raison de vivre et bientôt son métier. Première femme écrivain à vivre de sa plume, elle copiait ou préparait elle-même ses livres avec l’aide de copistes et d’enlumineuses et les offrait aux rois et princes mécènes. Elle abordait tous les sujets, des ballades aux compositions didactiques ou politiques en passant par l’histoire contemporaine. Son œuvre, avec ses recoupements autobiographiques, est très personnelle, originale, et engagée dans un sens que notre époque dirait féministe.

Christine de Pisan dans son cabinet. (1400)
Réponse à la Cité de Dieu de saint Augustin, récemment traduite en français et à la satire anti-féministe de Jean de Meung dans la deuxième partie du Roman de la Rose, la Cité des Dames offre le plus bel exemple d’humanisme lucide. Le livre, inspiré par les œuvres de Boccace, est conçu comme un dialogue entre maître et élève. Raison, Justice et Droiture invitent Christine à bâtir une ville destinée à abriter les femmes illustres du passé et les dames vertueuses de tout temps dans un monde fait pour les hommes.

Christine de Pisan enseignant. (1480)
Ses œuvres principales vont des Ballades, (entre 1389 et 1405) aux compositions didactiques ou politiques ; le Livre de police, (1404-1407), le Livre de Preudhommie (1405-1406) et aux considérations sur l’époque ; Livre des faits du roi Charles V (1404), l’Épistre à la reine sur les maux de ce temps (1405), et le Livre de la Paix (1412-1414). Son œuvre, avec ses recoupements autobiographiques, est très personnelle, originale, et engagée (le Dit de Jehanne d’Arc (1429).
Deux textes importants de Christine de Pisan : son point de vue dans le débat du Roman de la Rose, le Dit de la Rose (1399) et la Lamentation sur les maux de la Guerre civile (1410) sont disponibles sur le site de la Bibliotheca Augustana. Ses œuvres poétiques complètes sont données sur Poètes·net en mode texte.
Voir aussi l’article de Micheline Carrier sur l’anti-féminisme autour de Christine de Pisan.
Charles d’Orléans. Le Printemps
9 mai 2008 at 14:25 | In Poésie française, | Gilles | No CommentsLe temps a laissié son manteau
De vent, de froidure et de pluye,
Et s’est vestu de brouderie,
De soleil luyant, cler et beau.
Il n’y a beste, ne oyseau,
Qu’en son jargon ne chante ou crie :
Le temps a laissié son manteau !
Riviere, fontaine et ruisseau
Portent, en livree jolie,
Gouttes d’argent, d’orfaverie,
Chascun s’abille de nouveau :
Le temps a laissié son manteau !
Charles d’Orléans, Le Temps a laissé son manteau, vers 1140
Trois Impressions d’hier
7 mai 2008 at 4:38 | In Poèmes de Gilles | No CommentsI
Dans l’air blanc du petit matin
Tu prends une pose indéfinissable
La joue appuyée sur la main
Le regard couché sur l’air qui ondoie
Tu regardes du plus loin
Les événements que la vie te doit
II
L’enfance enfuie engendre des images
L’escalier tourne deux fois
Tu possèdes un lit étroit
Des italiques bleues jaillissent de ta tête
Ta fenêtre est à ta hanche
Un merle niche sous ton toit
Et tes mots feront tous nos dimanches
III
Tu me trouves près de la fenêtre
Tu augmentes la lumière
Tu poses ton sac sur un fauteuil
Tu glisses dans le lit
Tourterelle tu captes mon attention
Mais c’est par allusion
La Fête du 1ᵉʳ Mai
1 mai 2008 at 8:49 | In Fêtes, | Françoise | 3 Comments
© Wikipédia
Le muguet est originaire d’Asie, du Japon plus précisément. Connu et acclimaté en France depuis le Moyen-Âge, le muguet a longtemps été le symbole du renouveau et du printemps.
C’est en 1889, au congrès de la fondation de la IIᵉ Internationale à Paris, qu’en mémoire des morts de la manifestation du 1ᵉʳ mai 1886 à Chicago — demandant l’instauration de la journée de 8 heures — le 1ᵉʳ mai fut choisi comme le jour de la fête des travailleurs.
À Paris lors d’une manifestation en 1890, les manifestants défilèrent en portant à la boutonnière un triangle rouge symbolisant leurs revendications — la division idéale de la journée en 3 huit : travail - sommeil - loisirs.
Ce triangle fut remplacé par la fleur d’églantine puis par le muguet cravaté de rouge. C’est depuis ce jour que fête du travail et fête du muguet furent associées. Ce n’est qu’à partir de 1936 que l’on vend du muguet le jour du 1ᵉʳ Mai.
La porte était ouverte
29 avril 2008 at 21:05 | In Poèmes de Françoise | No CommentsIl est entré
La porte était ouverte
Assis l’enfant jouait du pipeau
On entendait goutter de l’eau
Une araignée verte tissait
Bousculée par le vent
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